Et vous, vous écrivez où ?

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Aujourd’hui, je vais vous raconter une petite histoire.

J’avais promis un article plus personnel, non ?

Je me suis passée de bureau de 2006 à 2013

J’avais un ordinateur portable, j’étais nomade. J’écrivais n’importe où, en volant des miettes de temps à droite et à gauche. Je m’étalais dans la maison, je disséminais mes livres de travail et mes carnets. J’avais choisi de laisser le bureau à mon mari ainsi qu’à son PC de gamer pas nomade pour un sou, trop bruyant. Mais ça ne me gênait pas. J’ai écrit Au Sortir de l’Ombre dans des cafés, La Guerrière Fantôme sur ma table de cuisine et Subliminale sur mon canapé.

L’an dernier, nous avons étendu la maison. Notre troisième chambre s’est transformée en un grand bureau familial donnant sur une nouvelle chambre — on avait besoin de mettre notre lit quelque part, vu qu’on avait aussi étendu la famille – bref, je pars loin — , et la question de mon bureau s’est de nouveau posée.

Heu, je ne sais plus qui en a parlé, en fait.

J’ai fini par admettre que je ne voulais pas m’installer dans le bureau commun parce que j’aime être seule quand j’écris. Je pensais continuer à écrire sur mon lit ou ailleurs, comme avant, puisque j’avais un secrétaire dont je ne me servais jamais (il déborde, en fait ^__^). Mon mari a insisté pour que je possède un véritable espace de travail et sur les plans, il l’a placé dans notre chambre. Pour me convaincre, il m’a promis un super fauteuil très confortable. J’ai accepté sous réserve d’un petit bureau. Je ne voulais pas encombrer notre chambre. J’avais peur que ça gêne.

Si. C’est de chez moi que je parle.

* Stop – analyse de texte *
Je ne sais pas si vous me suivez, mais je trouve cela assez révélateur de mon rapport à l’écriture: le fait que que j’écrive quoiqu’il arrive, n’importe où, en solitaire, mais surtout, il ne faut pas que « ça gêne ».
* Retournons à l’histoire *

De fil en aiguille, mon mari est parvenu à m’offrir ce qu’il voulait : un grand bureau, avec plein de place, à l’écart du reste de la maison. J’ai vue sur les dunes et la mer par ma petite fenêtre et aussi via une baie vitrée qu’on ne voit pas sur les photos.

Le fameux bureau, avec le super siège 🙂
Vue sur le bout du monde. De nuit, on voit moins bien, évidemment !

Il est vraiment chouette, mon bureau. Je l’adore.

Qu’est-ce que tout cela m’apprend ?

Après des années à écrire, deux romans publiés, des parutions prévues, je ne voulais pas d’un grand bureau. Est-ce que cela signifiait que je n’assumais toujours pas ? Peut-être bien. Avec le recul, ça me paraît assez ridicule.

Je suis toujours une auteure de l’ombre, parce que je ne vis pas de ma plume, mais peu importe le nombre de parutions au compteur : l’écriture tient une place importante dans ma vie. Mon mari avait raison d’insister pour que j’ai enfin un bureau digne de ce nom.

Oui, oui, chéri ! Tu avais raison ! Merci !

Bref. C’est devenu mon antre, j’ai semé des pièges devant la porte pour retarder les enfants et chaque fois que je m’assois là, pour écrire, je suis prête. C’est un grand changement dans mes habitudes qui s’est pourtant opéré naturellement.

Et vous, amis auteurs, vous êtes-vous posé la question ? Où écrivez-vous ? De quelle façon ?

N’oubliez pas que l’important, c’est de vous sentir bien, quelles que soient vos habitudes. 😉

A bientôt !

9 thoughts on “Et vous, vous écrivez où ?

  • Ton article est touchant et juste ! J’écris en nomade. Mais je ne sais pas ce que cela dit de mon rapport à l’écriture, je pense que ton article va m’amener à le réfléchir un bon moment.

  • @Silène : Merci <3 Tu sais, peut-être que pour toi, l’écriture est synonyme de liberté (de parole entre autres), alors que ton bureau est peut-être plus lié à ton métier d’enseignante. 😉

  • J’écris en nomade, également. Je ne sais pas si c’est parce que je n’ai pas *le* siège, mais je n’arrive pas à tenir à table, l’habitude de taper plus bas, sûrement, le clavier est trop haut à table. Me faudrait un *vrai* bureau pour tester (et approuver ?).

  • C’est marrant, quand je dessine en phase créa pure, j’ai besoin d’être ailleurs qu’à la maison pour gribouiller dans mes carnets.
    Ensuite, quand j’encre et je colorise mes dessins, il faut que ce soit sur mon ordinateur avec une tablette, mais pareil que toi, j’étais en nomade jusqu’ici (table basse, table du salon, bureau surencombré qui n’avait de bureau que le nom).
    Depuis que je travaille de chez moi, j’ai un vrai bureau que j’ai dégagé de façon à avoir un véritable espace de travail. Je peux enchaîner de l’un à l’autre sans transition, sans changer de place, sans avoir à dégager le terrain, et ça se fait tout seul. Boulot le jour, dessin le soir.
    Et j’avance dans mes projets perso comme jamais.

  • Un très bel article <3 Merci !

    Moi, je peux écrire partout, mais ma position préférée, c’est sur mon fauteuil Ikéa, les pieds relevés, l’ordi sur les genoux. C’est un peu nomade parce que je déplace le fauteuil dans la pièce (ou sur le balcon) selon l’humeur mais en même temps, c’est toujours le même fauteuil, et je me mets en mode *travail* quand je suis dessus (par contre, je regarde la télé depuis le canapé, dans la même pièce).

    Et puis, je n’ai jamais travaillé sur un bureau, même quand j’en ai un grand et confortable. Je préfère me réconforter en mode « cocooning », pour me faire plaisir. (Oui, c’est ça : pour moi, le bureau, c’est synonyme de contrainte, et le fauteuil, de plaisir).

    Merci pour la réflexion !

  • Un beau bureau, bravo ! C’est vrai que l’espace de travail, est important. En ce qui me concerne, je suis un vrai nomade car je bouge régulièrement entre deux régions, même si je travaille à domicile. Du coup, j’ai toute ma vie dans mon MacBook Pro Retina 15 pouces, couplé à un abonnement professionnel Dropbox pour conserver absolument tous mes fichiers sur un seul dossier de 100 Go. Ainsi, le jour où le SSD de mon ordinateur rend l’âme, je peux tout réinstaller facilement.

  • Un joli article ! Je le trouve touchant moi aussi.

    Je n’ai pas l’impression d’être nomade (en tout cas pour écrire. Dans la vie, c’est plutôt l’inverse).
    J’aime avoir mon petit confort quand j’écris. Comme je déménage souvent, je suis obligée de me recréer des « cocons » assez régulièrement. Le plus souvent, c’est le canapé, le lit ou le bureau (quand j’en ai un).
    Et j’ai moi aussi une difficulté folle à me concentrer quand quelqu’un d’autre se trouve dans la pièce (ce qui est compliqué quand on vit souvent dans des studios).

    PS : ton bureau est superbe ! (et j’aime beaucoup la fenêtre)

  • J’ai le siège, j’ai le bureau, et il n’est pas dans ma chambre (ça, c’est la pièce de ma femme 😉 )
    J’adore retrouver mon espace bien à moi, et pourtant, je n’en ai pas foncièrement besoin.

    Je m’explique : mes fichiers, un clavier canadien et un paquet de fraises Tagada, c’est tout ce qu’il me faut pour écrire.
    J’ai reproduit cet environnement dans les endroits les plus nomades possible (hall de gare, tablette d’avion, chambre d’hôtel, taxi, bateau de pirates ! – histoire vraie – …)

    Mais depuis que je me suis posé, tout comme toi, force est de constater que c’est plutôt pas mal 😉 et puis j’ai mon chien qui me force à faire des pauses pour aller jouer, et ça c’est important, j’ai presque l’air humain, voir social désormais.

  • @bbl : c’est ce que je ressens, je gagne du temps, j’ai mon espace, je me sens bien.

    @Aelys : ça ne m’étonne pas de toi 🙂 Je t’imagine bien dans ton fauteuil!

    @kanata : je n’ai pas le goût pour les fraises tagada, c’est plutôt le chocolat. 😉

    @Nina : merci pour le bureau et courage pour les studios et autres déménagements (j’en ai eu pleins aussi, c’est fatiguant parfois).

    @escrocgriffe: dropbox, c’est le bien.

    @Jo Ann: le fauteuil, c’est un vrai plus. Surtout quand tu as déjà passé ta journée à un autre bureau. J’aime mon fauteuil. Grave. 🙂

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