Ecrire, plus vite

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Je vous préviens, c’est un article avec des chiffres. J’adore les chiffres, au point que je consigne mes avancées religieusement, jour après jour. J’en ai besoin pour tenir le cap, particulièrement en ce moment, car ils me motivent plus que jamais.

Cette année, je dois livrer deux romans à deux éditeurs différents et, honnêtement quand j’ai réalisé, sur le coup, j’ai un peu flippé. J’ai mis plus deux ans à écrire Au Sortir de l’Ombre, et il m’a fallu ensuite un an et demi pour boucler La Guerrière Fantôme. J’ai pondu Subliminale en un mois, mais dans des conditions particulières (arrêt de travail, impossibilité de bouger). Alors deux romans en un an avec mon boulot à plein temps et mes deux enfants, sans que cela paraisse impossible, ça me semblait difficile…

Pourtant, en dépit de mes craintes, j’avance bien. J’écris plus vite, beaucoup plus vite qu’avant. Je suis passée de 2500 à 8000  signes espaces comprises (SEC) en moyenne par séance (1h – 1h30). Il n’est pas rare, même le soir en semaine, que je dépasse les 10000 SEC.

Comment ? Pourquoi ?

Certes, j’ai quitté mes responsabilités vis-à-vis de CoCyclics. J’ai donc plus de temps à consacrer à mes projets. Néanmoins, mes séances ne sont pas beaucoup plus longues que par le passé (mes enfants n’aiment pas les siestes, et je n’écris quasi pas le week-end, car les travaux auront ma peau.) Ma méthode de travail n’a pas beaucoup évolué, non plus. Donc, ce n’est pas de ce côté-là qu’il faut creuser.

J’écris vraiment plus vite. On m’aurait dit il y a cinq ans que je deviendrais capable de pondre un texte en moins de trois mois, j’aurais ouvert de grands yeux de biquette effarouchée. Je me souviens même qu’alors, lorsqu’on me parlait d’écrire 5000 SEC par séance, j’estimais que c’était au-delà de mes possibilités.

[NDLR: Je vous conseille de lire l’article de Samantha Bailly, qui écrit tous les jours et nous explique pourquoi. J’approuve ses conseils. Cette méthode a fait ses preuves pour moi.]

Ce n’est qu’une question d’expérience. A force d’écrire, j’ai engrangé des acquis et  les difficultés techniques surviennent moins souvent. Par exemple, je n’ai plus besoin de me poser de questions quand j’attaque une description. Je sais par où commencer, comment je vais la structurer, etc. Cela coule désormais de source.

C’est un peu comme la lecture. Au début, vous déchiffrez lentement le texte, puis à force de lire, vos automatismes se mettent en place. Vous ne vous concentrez plus sur les lettres mais sur le sens des mots, puis de la phrase. Cela ne signifie pas que je suis arrivée au bout de mon apprentissage (on apprend de chaque texte), mais je suis à l’aise avec ma plume. Je me concentre sur l’histoire que je veux raconter, et non sur comment je vais la raconter.

Si je fais le calcul, j’ai écrit presque deux millions de signes publiés, presque autant avant qui n’ont pas été (et ne seront pas) publiés. J’ai attaqué mon cinquième million en 2013. Je suis encore un auteur assez « jeune », n’est-ce pas, mais j’ai déjà considérablement évolué.

Parmi les conseils que donnent les auteurs aguerris, celui d’écrire, revient encore et toujours:

« Gardez votre calme et n’arrêtez pas d’écrire »

Cela paraît trivial, évident, on me l’a si souvent répété ! J’ai toujours suivi ce conseil, persuadée qu’il était bon. Pourtant, je ne m’attendais pas à une telle progression sur mes romans en cours.

Nadia Coste a aussi publié cet excellent article sur son blog: Deux bouquins d’avance. Non seulement, son conseil est judicieux, mais en plus, il permet de gagner sur tous les tableaux, car plus on écrit de signes, plus on gagne d’expérience.

Bon, c’est promis, dès que j’ai fini Le Lion à la Langue Fourchue, et Animale, je prends de l’avance. Ou bien je dors pendant six mois.