Lectures de juillet

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Chers égarés, j’espère que vous profitez bien des beaux jours ! Aujourd’hui, un petit coup de projecteur sur les deux romans des éditions du Riez. Bien sûr, vous me direz que je prêche pour ma paroisse, mais c’est rassurant pour un auteur d’aimer les bouquins de son éditeur, non ?

Je me permets de faire un peu de pub parce que je ne lis pas tous les bouquins en 48h, loin de là.

Un Autre de Christophe Nicolas

Résumé – Au milieu de la nuit, deux hommes débarquent chez Sam et le jettent sur la banquette arrière d’une voiture, un sac de toile sur la tête, le canon d’un revolver contre la tempe. Samuel Marx a accumulé les dettes depuis son divorce, et l’ardoise a été rachetée par un dangereux mafieux. Mais Sam réussit à s’enfuir, et sa cavale le mène dans un village où débute l’étrange méprise… Pourquoi le pompiste l’appelle-t-il Vince? Et pourquoi cette jeune femme l’accueille-t-elle chez elle et l’embrasse en croyant étreindre son mari ?

Ce roman est à destination d’un public averti (il y a des scènes difficiles pour les âmes sensibles), je préfère le dire tout de suite, mais pour ceux qui n’ont pas froid aux yeux et qui ont envie d’une lecture qui prend aux tripes, je vous le recommande chaudement. C’est un roman avec une atmosphère particulière, lourde, parfois glauque, surtout rythmée, on ne s’y ennuie pas une minute.

On suit avec une certaine fascination les aventures de Sam, un type qui se retrouve à la place de Vince, un autre gars qu’il ne connait ni d’Eve ni d’Adam : tout le monde confond Sam avec celui qu’il n’est pas. Très vite, il comprend qu’il est pris dans un piège inextricable. On suit avec délectation ce personnage qui lutte, se débat, mais s’oppose à une force qui le dépasse…

Le fantastique est intrinsèque, presque silencieux, limite sournois, ce qui laisse une belle place au réalisme de cette histoire, laquelle exerce une emprise terrible sur le lecteur. Il ne s’agit pas que des décors très visuels mais aussi des dialogues qui font mouche, des  personnages à la psychologie fouillée et un scénario intelligent. L’écriture de ce thriller est maitrisée de bout en bout par l’auteur qui démontre un grand talent, et on se retrouve complètement happé par ce qui arrive à ce pauvre type. Vous ne verrez pas les pages filer ! ne pourrez pas le lâcher.

Je n’ai pas envie d’en dire plus, je vous laisse découvrir ce texte par vous-même.

Les Pousse-Pierres d’Arnaud Duval


En 2170, d’un côté les corporations terriennes ont remplacé les états et dominent la planète. De l’autre, les communautés spatiales contrôlent le reste du système solaire sous l’autorité d’Eloane, la station orbitale géante au point de Lagrange L1 entre la Terre et la Lune. 

Les prospecteurs Spatieux de la Ceinture d’Astéroïdes, également appelés « pousse-pierres », fournissent à la Terre les ressources spatiales dont elle dépend, mais les terriens sont priés de rester chez eux. Un consortium de corporations s’organise pour mettre fin à la domination d’Eloane au moyen d’un coup de force audacieux.Maureen O’Garret est une jeune fille dont les parents ont été victimes d’un accident mortel autour de Jupiter. Solitaire et volontaire, elle cherche à reconstruire sa vie à bord de l’Améthyste, le cargo Spatieux qui l’a recueillie.La famille de Richard Trévise a décidé de fuir la Terre afin d’émigrer clandestinement sur Eloane. Ses parents, anciens employés d’une des corporations du consortium, deviennent l’enjeu d’une lutte souterraine entre les services de sécurité Terriens et ceux d’Eloane. Dans l’espace Richard découvre un monde aux règles étranges, et pas toujours confortable. Lorsque les corporations terriennes passent à l’action, les deux jeunes gens se retrouvent au cœur d’un affrontement qui va décider du futur de l’humanité.

Je ne suis pas très lecture SF depuis une dizaine d’années (sauf en BD). La faute à une overdose ? Peut-être. Disons que  des boutons me viennent quand ça tourne à la Hard SF. Moi j’aime le space op’, les gros vaisseaux, le bling bling des explosions dans l’espace, les robots improbables et les sabres-laser. J’ai abandonné un bon nombre des derniers bouquins de SF que j’ai lus, jusqu’aux Pousse-Pierres (ne me demandez pas les titres, je les ai rayés de ma mémoire).

Bref. Je l’ai acheté en me disant que je le lirai, tout en ayant un peu peur (je connais l’auteur et j’avais envie de le lire, vous voyez). Une connaissance m’a rassurée. Elle m’a dit que dans ce bouquin, je trouverai tout ce que j’aime de la SF. (Sauf le sabre-laser.)

Elle avait raison ! J’ai passé un excellent moment avec ce roman qui m’a transportée dans l’espace. L’auteur a imaginé un scénario réussi qui mêle les destinées de Maureen et Richard, deux adolescents sans lien a priori. Leurs vies sont bouleversées et leurs émotions sont très bien retranscrites par l’auteur. La petite Maureen m’a même arrachée quelques larmes.

Mais ne croyez as à un roman introspectif. Il y a de l’action, des batailles spatiales, de véritables enjeux qui dépassent les héros, ça bouge, ça flingue dans tous les sens, ça crapahute avec la peur au ventre. Une mention spéciale pour les intelligences artificielles qui ajoutent une touche d’humour à ce récit. J’ai vraiment passé un excellent moment. ^__^

Voilà, j’espère vous avoir donné envie de lire ces deux romans (les fiches de lecture, ce n’est pas mon fort…)
Il est temps que je retourne travailler un peu sur mes propres textes.

A bientôt!

5 thoughts on “Lectures de juillet

  • Je ne sais trop où poster ce message, donc tant qu’à faire, j’ai pensé que le mettre sur ce blog était une bonne idée.

    J’ai acheté Au sortir de l’ombre et l’ai fini il y a peu. D’ailleurs, pour l’anecdote, j’ai fini par croire que les Gothans avaient véritablement jeté une malédiction sur ce livre : ma librairie n’avait pas le roman et j’ai dû attendre trois semaines pour l’obtenir. Mais je ne regrette pas les délais. Je ne t’angoisse pas plus longtemps : j’ai beaucoup aimé. Si quelqu’un qui n’a pas lu le livre consulte ce commentaire, attention, il est bourré de spoilers !

    J’ai eu un peu de mal à rentrer dedans au départ, parce que je suis habituée à des lectures plus descriptives, mais au final le style est très efficace et j’ai plongé dans l’ombre. L’atmosphère pesante était très bien rendue, on pouvait sentir l’angoisse qui ne cessait de monter. Les Gothans sont extraordinaires. Moi qui adore les monstres, surtout aussi vicieux et retors, j’ai été servie.

    J’en garde plusieurs souvenirs marquants. Le prologue, tout d’abord, parce qu’il fait appel à tous les sens et qu’on a vraiment l’impression de se retrouver sur place. Ensuite, cette scène où Christopher cauchemarde et tente d’avancer, sans succès, dans le couloir. Le regard qu’il jette derrière lui en se disant qu’il aurait peut-être mieux fait de rester dans sa chambre, la lumière qui filtre de l’entrebâillement de la porte, tout cela est très familier au lecteur. Je m’imaginais parfaitement à sa place. Une autre scène, celle où les deux prêtresses se font face et demandent à leurs Gothans de combattre, est très impressionnante. Et enfin, toute la fin, avec les forces qui se rassemblent peu à peu et la tension qui monte, est très réussie. J’ai retenu une phrase en particulier, lorsque le pied de Logodus « chausse » celui de William.

    J’ai aimé le fait que tous les Gothans aient leur propre personnalité, sauf le Père qui est très peu caractérisé jusqu’à devenir une idée abstraite. Ils ont tous des traits très distinctifs, ce que j’ai trouvé plus intéressant que d’en faire des monstres uniformes. Quant aux personnages, j’avais lu des critiques qui disaient qu’ils étaient peu creusés, j’ai trouvé que c’était le contraire. Lady Eileen est très intéressante dans sa froideur et son stoïcisme. Heinrich, William et Christopher m’ont convaincue. J’ai un petit faible pour Christopher et ses préoccupations constantes pour sa famille, je l’ai trouvé très humain. Les méchants sont tout aussi délectables. La fin m’a beaucoup plu, avec ce mystère laissé sur Ae. J’aime l’histoire autour de celle-ci, le fait qu’on ne sache finalement rien de sa véritable nature et de ses intentions.

    C’est dur, les fins. Celle-là correspondait bien au bouquin. Incertitude, amertume, mort aussi. Mais Christopher reste en vie ! *petite danse* J’étais contente. D’habitude, tous les personnages que j’aime bien meurent.

    Quoi d’autre… Le fait qu’au final, la frontière entre la guilde et les Némésis soit mince m’a plu. J’aime cette incertitude, lorsqu’on ne sait pas ce qui est bien ou mal. Et j’ai un faible pour les extraits intercalés entre l’intrigue à proprement parler.

    Pour finir, j’aime beaucoup ce blog, particulièrement les entrées très pertinentes où tu parles de l’écriture. Lorsque je suis tombée ici, il y a déjà un bon moment, j’ai tout lu en partant du début. Ayant suivi le parcours d’ »Au sortir de l’ombre », je l’ai acheté. Et je ne l’ai pas regretté. Comme c’était étrange de tenir le livre relié entre les mains, le résultat de tant d’efforts !

    Puissent les muses te sourire, écrivaine !

  • Bonjour Mauguine,

    Ton retour est un véritable régal pour un auteur ! Merci pour les scènes que tu cites, je suis ravie de ces précisions, j’adore quand les lecteurs me parlent des passages qui les ont marqués. On peut sentir de quelle façon le texte les a touchés. Je suis contente en particulier pour le cauchemar de Christopher. Quand on y pense, c’est presque anodin comme cauchemar, mais il se trouve si proche de la réalité que le personnage se laisse prendre au piège. Cette scène est très importante pour moi (je ne peux pas expliquer pourquoi exactement.)

    J’ai beaucoup d’affection pour Christopher et même si cela termine plutôt mal, le fait qu’il s’en sorte, c’est une petite victoire du groupe. Il est le seul à avoir une vie à l’attendre. C’est aussi la raison pour laquelle William et Heinrich le couvent en quelque sorte.

    Un tel retour est d’autant plus émouvant que tu as suivi toute l’aventure 🙂
    C’est vraiment sympa de m’avoir laissé ce message !
    Amicalement,
    Syven

  • « vous imaginez si je me suis complètement plantée »

    Comme tu sais écrire, ce ne sera qu’une question de présentation… ou de reformulation pour le fil rouge du texte.

    Au pire ! 😉

    Oui, au pire !
    l’Amibe_R Nard

  • Pour ma part, c’est l’inverse : « Un autre » je l’ai très vite lâché.
    Je ne sais même pas si j’aurai envie de le reprendre, pour dire vrai, parce que je sens gros comme une maison la façon dont ça va évoluer. Donc ça dépend des lecteurs. ^^

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