Magical number seven de Miller

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Je ne sais pas si vous connaissez le fameux magical number seven de Miller :
The Magical Number Seven, Plus or Minus Two

Miller a fait des recherches et a constaté qu’en moyenne, la mémoire à court terme gérait bien jusqu’à sept informations, plus ou moins deux. Je vous la fais courte. On se sert de ce constat pour gérer la longueur et la structure des listes qu’on propose à un utilisateur mis en face d’une interface. Mais il y a d’autre façons de s’en servir, et il y a surtout beaucoup à étudier en matière de sciences psycho-cognitives pour comprendre l’utilisateur, et dans notre cas, le lecteur.

Ma question est la suivante :

Et vous, est-ce que vous vous préoccupez bien de la somme d’information que vous demandez de retenir à votre lecteur? A court et moyen terme dans le roman?

En ce moment, je m’en inquiète.
🙂

11 thoughts on “Magical number seven de Miller

  • Moi, je m’en inquiète pour doser les répétitions d’une part (répéter ce qui est assez loin pour mériter une piqûre de rappel) et pour équilibre les phrases surtout : pas trop d’infos, pas de phrases trop longues !
    Idem pour les paragraphes, les chapitre ! Sans être en train de compter tout le temps, c’est quelque chose qui me préoccupe !
    Mais naturellement, sans s’en rendre compte, on le fait tous en se relisant !

  • J’essaie de m’en soucier, surtout quand j’introduis le contexte de mon monde. J’essaie de distiller les informations habilement et naturellement au cours du récit. J’essaie d’éviter l’effet : l’auteur nous fait un exposé sur tel sujet et le lecteur s’ennuie.
    Mais je ne suis pas sûre d’y arriver…
    Eli

  • Je m’en soucie énormément pour ma part : je pars toujours du principe que le lecteur va oublier 70% de ce que je vais lui dire, voire plus s’il repose le bouquin pour quelques jours.

    Du coup, sans en venir à répéter, j’essaie de gérer les informations et de jongler avec, en amenant les rappels au bon moment, et en entretenant un fil toujours ténu, afin que même s’il ne se souvient plus de l’info au moment opportun, il se dise « ah mais ouiiii » après coup.

    Pas facile, pas de recette miracle, mais bon, on fait c’qu’on peut avec c’qu’on a. ^^

    Bon courage !

    (je crois que Béorn parlait de « perte en ligne », à ce propos).

  • Ouaip, merci Gabrielle !
    La « perte en ligne », ce sont toutes ces informations que le lecteur oublie ou occulte au cours du roman. Il y a différents moyens de la diminuer, mais il faut toujours compter avec.

    Ceci dit, comme tu parles de mémoire immédiate, tu évoquais peut-être aussi le problème de la phrase ou du paragraphe qui donne trop d’informations à la fois.

    Il est certain, pour moi qu’une information importante ne doit pas être noyée au milieu des autres. Elle doit avoir son moment à elle, histoire de bien la mettre en valeur (bon, à moins que ce ne soit juste un petit indice, mais même dans ce cas, il faut qu’on le voit).

    La question est passionnante en tout cas.

    Et le jour où on écrira pour des extra-terrestres avec un cerveau deux fois plus efficace, il faudra peut-être revoir toute la technique romanesque ! Boudiou, j’en frissonne…

  • 7 éléments d’information, c’est globalement une phrase de 12 mots. Tu enlèves les mots utilitaires, et tu obtiens 7 éléments d’information. 🙂

    Tu verras aussi que ce qui importe dans l’écriture, c’est le début d’une phrase et sa fin.

    Comme l’a dit Beorn, noyer le poisson au milieu des mots, ce n’est pas très bon… sauf si tu le pratiques à raison.

    Au niveau du texte, et des informations à retenir, c’est encore un point à regarder… suivant ton public cible.

    Bien Amicalement
    L’Amibe_R Nard (qui comme Beorn, se dit : la question est passionnante)

  • > Merci Amibe, je n’avais jamais pensé au début et à la fin de la phrase…
    En plusn j’ai jamais parlé de faire des phrases de 7 éléments, et on ne les appelle pas des éléments mais des mnèmes dans le jargon.

    Je ne demande pas des conseils sur la question. Je vous parle de vous intéresser aux sciences psycho-cognitives pour mieux comprendre votre lecteur.

    J’aurais dû mettre les informations importantes en gras pour le scan rapide.

    M’enfin bon, je n’ai pas envie de donner un cours, moi. sinon, ce n’est pas un post de 10 lignes que je vous aurais pondu.

  • J’ai du mal à comprendre l’intervention de l’Amibe, certaines phrases n’apportent pas d’informations nécessaires à retenir pour le lecteur, d’ailleurs quand je découvre certains retours sur mes textes, c’est impressionnant le nombre de petites choses que les lecteurs ne « voient » pas ou ne « retiennnent » pas.
    En général des éléments mineurs donc ce n’est pas grave, ça prouve juste que je donne trop de détails mais ça fait partie de ma façon de rédiger (mes persos et donc mes lecteurs sont immergés dans leur quotidien).

    Pour répondre à ta question, Syven, je t’avoue que ça me fait peur. Je dois admettre que je ne gère rien du tout à ce niveau, je suis incapable de maîtriser les informations que mes lecteurs doivent retenir et donc de les distiller en conséquence. J’écris encore trop à l’instinct.
    Snif, c’est pas demain la veille que je serai une super-auteur-qui-maîtrise-comme-une-pro…
    Déjà, j’essaye juste de donner les infos au juste moment, me demander de réfléchir à la façon dont les lecteurs vont les reteniret donc de prévoir d’éventuelles piqûres de rappel, c’est déjà trop me demander. Snif.

  • Pour faire suite à ce que dit Roanne, je pense que cela dépend beaucoup du lecteur. Un lecteur X va retenir beaucoup d’information et un lecteur Y moins. Certains lecteurs vont se focaliser sur certains types d’information et d’autres pas. Cela dépend du caractère de la personne, de ses connaissances et de ses expériences. A titre d’exemple, ma sœur retient à peu près toutes les informations d’un livre, d’un film… Même les plus petits détails. Du coup, elle devine la fin dans 90% des cas. Il lui suffit de presque rien pour comprendre où l’auteur veut en venir. Elle a besoin de très peu d’indices et de peu d’explications. Pour mon copain, c’est tout le contraire. Ma sœur lui fait souvent les « explications de texte ». Tout cela pour dire que le sujet est très ardu…

    Eli

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