La Clef

Social

Derrière, la route s’évanouissait dans la brume; devant, une porte de chêne massif haute comme trois hommes barrait le chemin. Je regardais la Mort fouiller dans son petit sac de toile noire qui cliquetait comme un jeu d’osselets. Je faillis partir dans un fou rire, en imaginant qu’il cherchait ses phalanges.
« C’est un sac sans fond, grommela la capuche enténébrée. Quelle calamité ! Je n’y retrouve jamais rien.
Je gardai le silence. J’avais envie d’en finir vite.
La Mort soupira. Ou plutôt, une brise sèche souffla à travers mon visage.
— Je n’ai pas la Clef.
— Vous l’avez perdue ?
— Peut-être l’ai-je oubliée quelque part. Ce ne serait pas la première fois.
Je décelai une note d’embarras dans sa voix grave.
La Mort tira sur les cordons de son sac pour le refermer puis le raccrocha à sa ceinture :
— Voulez-vous bien revenir plus tard ?
— Mais où pourrais-je aller ?!
— Un peu d’imagination, que Diable ! N’avez-vous donc personne à hanter ? »


C’est un petit texte que j’adore, mon hommage personnel à Pratchett. J’y ai apporté une petite retouche, et j’avais envie de le ressortir de derrière les fagots. Que voulez-vous, je ne m’en lasse pas !

6 thoughts on “La Clef

Comments are closed.