Manchotte

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Il était une cape, que je voulais parfaite.

Mon coeur avait fondu pour un lainage noir à pois blanc fort cher, brisant ma carte bleue de sa force ouranesque.

J’avais le patron, j’avais décidé de ne pas faire la doublure.

Je m’appliquais à coudre les pièces ensemble hier, sauf une manche. Trop fatiguée, je procrastinais jusqu’à ce soir. Mais, prise d’un doute, je m’auto-convainquis qu’il me fallait une doublure. Sauf que je n’avais pas prévu celle-ci, et donc, je me mis en quête de la bonne doublure, la manche libre à la main pour marier les tissus. Au final, la doublure d’une vieille robe à pois rencontra mes ciseaux. Et il fallut découdre la première manche.

Je m’appliquais à bien coudre la doublure à la cape, avec un certain succès d’ailleurs. Il ne manquait plus que les manches et le col.

Seulement, une manche manquait à l’appel. J’eus beau retourner la maison, je ne la trouvai pas.

Ma cape manchotte attendra donc demain. Que je retrouve la pièce perdue ou que j’en découpe une autre.

Life is a bitch.

Bonne nuit.