Dans la tête du rédacteur technique

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Bon sang, vivement que cette release* se passe. Je dois écrire un truc, puis un autre, et encore un autre, et le doute m’assaille à chaque phrase : le gars lira-t-il jusqu’au bout ? Déjà, c’est sûr, il va hésiter à lire jusqu’au bout. Combien parmi vous lisent-il le manuel de leur tv fraichement achetée** ? Moi non, et pourtant, je sais que c’est important.

Mais admettons, le gars lit le document technique, vraiment. Ou du moins il est décidé à le lire. Ira-t-il au bout ? Car c’est du précis, pas du roman, et ça ne s’écrit pas avec le coeur mais plutôt avec la tête, voire avec les mains. Peut-être les pieds. On cherche à lui faire suivre un cheminement de réflexion, il faut qu’il pige. Mais voilà, la forme n’a finalement pas beaucoup d’importance, alors à lire, c’est… démoralisant.

Surtout que je me demande… Ma peine transparaît-elle dans ces mots aseptisés si difficiles à aligner ? Vous savez, au téléphone, quand une personne sourit, on l’entend à sa voix. Je crois qu’avec l’écrit c’est pareil. Même si l’auteur est invisible, des mots se dégage un ressenti général qui démasque l’auteur. Vous voyez ce que je veux dire ?

Ca marche bien pour un texte burlesque par exemple. Si on a un petit vent de folie dans le coeur, on arrive à faire du léger. Si on a le vague-à- l’âme, le texte gai risque de ne pas l’être.

Quoique. On ne peut peut-être pas pousser le raisonnement très loin. Il y a une faille. Ce n’est pas parce qu’on écrit un thriller par exemple, qu’on a forcément des envies de meurtres, si ? Remarquez, avec certains docs techniques, on a bien des envies de mordre des fois.

* sortie de produit, accompagnée de frais et jolis documents techniques. Tout autant que le frais et joli soit aussi ampoulé et ragoûtant qu’un vers gonflé à l’hélium.
** j’aimerais bien avoir acheté une jolie tv neuve pour ne pas lire le mode d’emploi, mais hélas, va falloir attendre encore un bout de temps.